La rentrée scolaire, vérité de notre République
Chaque rentrée scolaire est un moment de vérité pour notre République. En Essonne, plus de 77 000 collégiens font leur rentrée cette année. Familles, enseignants, agents, élus et, bien sûr, élèves sont réunis autour d’une même exigence : donner à chaque enfant les moyens de trouver sa place, de comprendre le monde et de construire son avenir.
Dans une époque incertaine, l’École reste ce repère essentiel qui relie les générations et entretient notre confiance collective dans le progrès.
L’éducation, premier levier d’égalité
Les comparaisons internationales nous imposent la lucidité. Depuis plusieurs décennies, le niveau des élèves français recule, en particulier en français et en mathématiques. Ce constat appelle une mobilisation générale. L’École ne retrouvera pas toute sa force à travers des réponses de façade ou des débats limités à quelques symboles. Elle retrouvera son ambition en redonnant aux apprentissages fondamentaux, à la maîtrise de la langue et à la transmission des savoirs toute leur place.
La première inégalité est souvent celle qui sépare les enfants face aux mots. Tous n’arrivent pas à l’école primaire avec le même vocabulaire, la même proximité avec les livres, les récits, les échanges ou la lecture. Cette différence, parfois discrète au départ, devient progressivement un frein dans tous les apprentissages. Elle pèse sur la compréhension d’une consigne, la capacité à raconter une expérience, à argumenter, à lire avec confiance, puis à apprendre les sciences, l’histoire ou les langues étrangères.
C’est pourquoi nous devons intervenir dès la petite enfance. Il faut faire davantage de place aux livres, à la parole et à la conversation. Il faut soutenir les familles, prévenir une exposition trop précoce aux écrans et accompagner ceux qui, dans les crèches, les écoles, les bibliothèques ou les structures de santé, concourent chaque jour à l’éveil des enfants. C’est le sens de la Grande Cause départementale 2026, « Bien grandir avec les mots ».En Essonne, nous mobilisons les familles, les professionnels de la petite enfance, les PMI, les médiathèques et les associations autour de la parole, de la lecture, du récit et du jeu. Cinq Maisons des 1 000 premiers jours seront ouvertes d’ici la fin de l’année. Les ateliers d’éveil et l’accompagnement renforcé des parents permettent déjà à chaque enfant de grandir avec les mots, la confiance et le lien aux autres.
Cette grande cause trouve une traduction nationale. Lors de son discours de rentrée, le Ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a fixé un objectif clair : chaque enfant doit maîtriser un bagage de 2 500 mots à la fin de la maternelle. Cette annonce ne peut se résumer à un indicateur. Elle rappelle une vérité décisive. Posséder les mots permet d’exprimer une émotion, de comprendre une consigne, de raconter son expérience, d’entrer dans la lecture et de construire son jugement. Le langage construit notre liberté. Il permet de ne pas subir le monde, mais de le comprendre, de le discuter et d’y prendre part.
Un nouveau collège à Wissous
Cette rentrée 2026 ouvre une page importante pour l’Essonne avec l’arrivée des premiers élèves au collège Julie-Victoire Daubié à Wissous, le 102e collège public de notre Département. Le choix de ce nom n’est pas anodin. Julie-Victoire Daubié fut la première femme bachelière et licenciée ès lettres de France. Son parcours incarne ce que l’École peut rendre possible : l’émancipation par le savoir.
Ce nouveau collège accueillera progressivement jusqu’à 800 élèves. Il répond à la croissance démographique de notre territoire et à la saturation des établissements voisins. Le Département y investit 45 millions d’euros pour offrir aux familles des conditions d’apprentissage modernes, adaptées et sereines.
À Wissous, nous avons voulu aller plus loin qu’un simple bâtiment scolaire. Le choix des matériaux, le renforcement de l’isolation et la place accordée à la végétalisation répondent aux défis climatiques qui s’imposent désormais à toutes les politiques publiques. Construire un collège aujourd’hui, ce n’est plus seulement bâtir des murs et aménager des salles. C’est concevoir un lieu capable de protéger les élèves des épisodes de forte chaleur, de réduire son empreinte écologique et de servir durablement les générations à venir.
Cette volonté ne s’arrête pas aux constructions neuves. Les collèges existants doivent eux aussi évoluer, être entretenus, rénovés et adaptés aux nouveaux usages.
Depuis 2015, 20 collèges ont bénéficié d’opérations intégrant des travaux de performance énergétique et de confort d’été, pour 186,3 millions d’euros investis. Le Département transforme, par exemple, les cours de récréation dans les collèges Charles Péguy à Bondoufle, Pablo Néruda à Brétigny-sur-Orge et La Tuilerie à Saint-Germain-lès-Corbeil par la plantation d’arbres et la désimperméabilisation des sols. Depuis 2023, dans nos collèges, plus de 260 arbres ont été plantés, plus de 11 000 m2 ont été végétalisés et près de 18 000 m² de bitume ont été retirés. Nous devons également répondre aux épisodes de forte chaleur qui deviennent plus fréquents. À partir de cette rentrée, le Département achète et livre progressivement deux ventilateurs par classe dans les collèges.
Une restauration plus durable
La réussite scolaire repose aussi sur des conditions d’études de qualité. La restauration dans les collèges constitue l’un des grands services publics du quotidien. Elle garantit aux élèves un repas équilibré, favorise la découverte du goût et participe à l’éducation à une alimentation plus saine et plus durable.
À Wissous, la nouvelle cuisine centrale illustre cette ambition. Elle permettra de préparer jusqu’à 5 000 repas par jour pour les collégiens du secteur. Derrière ce chiffre se trouve une exigence très concrète. Chaque repas doit répondre à l’équilibre nutritionnel, suivre la saisonnalité des produits et s’inscrire dans une démarche active contre le gaspillage.
Le Département utilise également l’innovation lorsqu’elle peut améliorer le service public. C’est le sens d’IA GASP, un outil qui utilise l’intelligence artificielle pour mieux prévoir le nombre de repas à produire à partir de données comme l’historique des passages, la météo ou encore les épisodes épidémiques.
L’objectif est très concret : mieux ajuster les quantités, réduire le gaspillage de 30 % et mieux utiliser l’argent public. Déployé dans 54 cuisines satellites, le dispositif atteint aujourd’hui un taux de fiabilité supérieur à 88 % et sera progressivement étendu à l’ensemble des cuisines du Département.
À la rentrée, nous expérimentons également les « selfs participatifs » dans les collèges de Bondoufle et de Marolles-en-Hurepoix. Les élèves pourront choisir eux-mêmes les quantités de certains aliments. Une manière de les rendre davantage acteurs de leur repas et de lutter, avec eux, contre le gaspillage alimentaire.
Faire entrer l’art au collège
En Essonne, le collège ne se limitera jamais à l’acquisition de connaissances. Il est aussi le lieu où l’on apprend à regarder, ressentir, imaginer et créer. C’est pourquoi le Département lance cette année « L’Art à emporter », une artothèque installée au Domaine départemental de Chamarande, en lien avec le Fonds départemental d’art contemporain de l’Essonne (FDAC 91).
Le principe est à la fois original et essentiel. Les collèges volontaires peuvent accueillir temporairement des œuvres contemporaines dans leurs espaces de vie et de travail. Les élèves rencontrent ainsi l’art au plus près de leur quotidien. Ils peuvent échanger avec leurs enseignants et développer leur sensibilité face à des créations qui interrogent notre époque.
Cette initiative démarre dans 18 collèges du sud de l’Essonne. Elle a vocation à être étendue progressivement. Elle repose sur une conviction forte : la culture ne doit exclure personne. Elle ne doit pas non plus être confinée aux lieux qui lui sont traditionnellement consacrés. Elle doit circuler, surprendre, ouvrir le dialogue et permettre à chaque jeune de découvrir un regard, une émotion ou peut-être une vocation. C’est aussi une éducation pour toute la vie.
La promesse de la rentrée
La rentrée 2026 tient une promesse. Nous préparons l’avenir. Dès la petite enfance, nous réduisons les fractures du langage et transmettons le goût de lire. Au collège, nous sécurisons, accompagnons, éveillons. Le Département de l’Essonne poursuit son action, avec constance et détermination.
Aux collégiens, à leurs familles, aux équipes éducatives et à l’ensemble des agents départementaux, je souhaite une rentrée riche en découvertes, en confiance et en réussites.
Parce que l’École est notre bien commun le plus précieux, nous continuerons à la défendre et à lui donner les moyens de tenir toutes ses promesses. C’est la détermination de notre Département et la vérité de notre République.
François Durovray
Président du Département de l'Essonne