Et si la solution était simplement de faire de la politique ?

Un espoir

Le premier tour des municipales de 2026 a livré une vérité simple : notre démocratie locale tient encore, mais elle s’épuise. Les maires et les élus de terrain restent, pour beaucoup de Français, les derniers visages concrets d’une action publique utile. Mais l’abstention massive dit autre chose : la confiance civique s’effrite.

Pourtant, dans un paysage médiatique centré sur le sort des grandes métropoles, je vois dans le résultat des élections municipales en Essonne un espoir. Comme dans beaucoup de départements, il montre que rien n’est écrit d’avance. Ni le Rassemblement national ni La France insoumise n’y ont trouvé le point d’appui qu’ils espéraient. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un travail local, patient, concret, mené par des élus enracinés, de droite comme de gauche, jugés sur leurs actes plus que sur leurs postures.

La leçon est claire : l’étiquette ne suffit pas. Ce qui compte, c’est la solidité d’un projet, la constance de l’engagement, et la force du lien avec les habitants. On ne fait pas reculer les extrêmes avec des slogans, des coalitions de circonstance ou des indignations rituelles, mais par la proximité, par le sérieux, par l’enracinement local. Là où la politique reste incarnée, utile et proche, la tentation des extrêmes peut être repoussée.

La fatigue démocratique est là, profonde

Mais ce scrutin dit aussi quelque chose de plus grave. La fatigue démocratique est là. Elle est profonde. Et elle n’est pas seulement le produit de la défiance ou du désintérêt. Elle est aussi le résultat de la confiscation croissante des enjeux locaux par un débat national saturé, savamment orchestré autour d’un duel qu’on veut nous faire croire inéluctable entre le Rassemblement National et la France Insoumise. Et pendant ce temps, qui parle encore du quotidien des Français ?

Le RN et LFI prospèrent sur cette mécanique. Chacun a intérêt à installer l’idée qu’il n’existerait plus d’autre avenir politique que leur affrontement. Chacun cherche à enfermer le pays dans un duel dont il sortirait renforcé. Le piège se referme à mesure que les partis dit « de gouvernement » se transforment en commentateurs, quand ils ne s’accommodent pas de compromissions électorales avec les adversaires contre lesquels hier encore ils promettaient de lutter.

Les regards sont désormais tournés vers l’élection présidentielle de 2027. Pourtant les Français n’attendent pas une surenchère de plus. Ils n’attendent pas des calculs tactiques. Ni même qu’on organise le second tour de la présidentielle avant même le premier. Ils attendent un projet. Une offre politique capable de parler de cohésion, de pouvoir d’achat, d’autorité, de justice, de services publics, de logement et de mobilités, de qualité de vie et d’avenir commun.

Il n’y a pas de confiance durable sans résultats

C’est précisément ce que les maires et les élus locaux savent encore faire. Ils savent qu’on ne rassemble pas un pays en additionnant des colères. Ils savent qu’on ne réconcilie pas les Français avec la politique par le vacarme, mais par la preuve. Ils savent surtout qu’il n’y a pas de confiance durable sans résultats.

Les municipales de 2026 ne sont donc pas seulement un prélude à 2027. Elles sont un avertissement et une invitation. Un avertissement contre la fatigue démocratique et contre la tentation de réduire l’avenir du pays à un duel RN-LFI. Une invitation à reconstruire une offre politique sérieuse, enracinée, républicaine, au service du bien-être des Français et de la cohésion du pays.

En Essonne comme ailleurs, les électeurs ont rappelé qu’aucun duel n’est inéluctable. Encore faut-il que nous cessions de subir les événements et travaillons à construire une offre politique crédible et utile d’ici 2027.

C’est désormais l’enjeu auquel toutes les bonnes volontés doivent s’atteler.

François Durovray

Président du Département de l'Essonne‍ ‍

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