Essonne, terre d’avenirs agricoles
En France, en Essonne : les fondamentaux d’un nouveau contrat avec l’agriculture
Alors que se termine la nouvelle édition du Salon international de l’agriculture, mes rencontres avec les professionnels, les acteurs et les amoureux de l’agriculture m’incitent à en dire un mot. Nous devons aller vers un nouveau contrat avec l’agriculture pour lui donner tous les moyens de produire et d’assurer notre souveraineté alimentaire. Cette transition commence par le respect de fondamentaux : innover pour produire, loyauté envers les agriculteurs, protection de notre modèle agroalimentaire.
En Essonne, près de la moitié du département est agricole, avec 665 exploitations dont 545 en grandes cultures et 1 256 ETP. L’Essonne est le 2ᵉ département francilien en bio, avec 160 fermes engagées et 13% de nos surfaces converties. Nos collèges servent déjà 36,5% de produits durables, dont plus de 11% de bio, à 46 000 demi-pensionnaires chaque jour.
Derrière ces chiffres, il y a des visages, des histoires, des investissements familiaux, des risques assumés et une passion intacte pour le métier et la vocation de paysan. Ici, nos paysages, nos exploitations, nos femmes et nos hommes engagés prouvent que l’on peut concilier innovation, qualité de l’alimentation et souveraineté alimentaire.
Innover est dans nos racines
Au Salon 2026, nous avons montré une Essonne qui innove, loin des clichés sur l’agriculture. Avec Arvalis, AgroParisTech, la Ferme Debout ou encore Finres, nous préparons l’Essonne de demain : adaptation de nos cultures au climat, agriculture de précision, utilisation des données pour sécuriser les revenus, développement des énergies renouvelables à la ferme. Cette capacité à préparer et à garantir l’avenir se déploie aussi dans « Essonne Terre d’Alimentation ».
Cette action départementale soutient les producteurs locaux, met en relation les agriculteurs et les acheteurs publics ou privés, encourage les circuits courts, les produits locaux et de qualité dans la restauration collective. Je souhaite aller plus loin avec une plateforme qui permettra aux agriculteurs de proposer le fruit de leur travail aux collectivités locales de notre territoire.
Ce choix est fondamental : nous voulons relocaliser au maximum notre alimentation en soutenant les producteurs locaux et en utilisant la restauration collective comme un levier puissant. C’est ainsi que se reconstruit la souveraineté alimentaire, repas après repas.
Face à la déloyauté des traités, nous protégeons un modèle agricole productif
Dans un contexte de déficit commercial agroalimentaire inédit pour la France et de craintes légitimes liées à des accords commerciaux qui créent des distorsions comme le Mercosur, j’estime que la colère et l’inquiétude du monde paysan sont légitimes.
Je le dis sans détour : on ne peut renoncer à un modèle productif, on ne peut pas exiger toujours plus de nos agriculteurs en matière de normes et d’environnement et, dans le même temps, ouvrir grand les portes à des produits importés qui ne respectent pas les mêmes règles.
Notre loyauté consiste à défendre les filières locales et nationales, les emplois, les terres de l’agriculture, à garantir à nos concitoyens une alimentation tracée, sûre et produite au plus près, à porter un modèle de société - voire de civilisation - fondé sur la production, car avant de partager la valeur, il faut la produire.
Loyauté indéfectible envers le monde agricole donc : c’est le fondement de notre action.
En Essonne, nous continuerons à nous approvisionner localement, nous avons les terres, les talents et la volonté politique pour rester une grande terre nourricière, qui soutient ses paysans et qui est exigeante sur la qualité de ce que nous mettons dans les assiettes de nos enfants.
Plus que préparer l’avenir, nous le garantissons. L’Essonne restera une terre d’avenirs agricoles.
François Durovray
Président du Département de l'Essonne