Chacun sa route, chacun son chemin : nos transports offrent du choix
A l'heure où des propositions pour une "Ville du Grand Paris" sont faites par le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, l'Essonne, elle, avance.
Le 26 mai, à la gare d'Évry-Courcouronnes, j'ai inauguré avec Valérie Pécresse, Présidente de la Région Île-de-France, la ligne de car express 7711. Fontainebleau-Évry en moins d'une heure. Une ligne attendue depuis longtemps, qui renforce enfin la mobilité en grande couronne.
Mais le car express n'était pas seul. Le même jour, nous avons visité la station Polytechnique-Paris Saclay de la ligne 18 du Grand Paris Express. Et tout le mois, des milliers d'Essonniens ont relevé le défi « Mai à Vélo ».
Trois actions et une même conviction : c'est en déployant une offre de transport qui dote notre territoire en infrastructures à la hauteur de ses ambitions que l'on créera la demande de mobilité propre à assurer une transition écologique durable.
Un car express entre Fontainebleau et Évry
Cette ligne, je la porte personnellement. Missionné par Valérie Pécresse en 2022, j'ai remis l'année suivante un rapport proposant une cinquantaine de lignes de cars express pour toute l'Île-de-France. L'idée n'a rien d'abstrait : offrir une vraie alternative à la voiture à ceux que le rail ne dessert pas, ou mal, et qui subissent chaque jour des trajets domicile-travail épuisants.
La ligne 7711 soulagera l'A6, l'une des autoroutes les plus saturées de la région. Elle donnera une option crédible aux salariés et aux étudiants de Seine-et-Marne qui rejoignent Évry chaque matin. Les chiffres rappellent l'urgence : 38 % des jeunes ruraux ont déjà renoncé à un emploi faute de transport adapté, et les 10 % de ménages les plus modestes consacrent plus de 20 % de leur budget à se déplacer.
Ces lignes ne sont pas un confort. Elles réparent une inégalité.
D'ici 2030, dix-neuf lignes de cars express sont programmées en Essonne. Dès 2027-2028 : Étampes-Massy, Étampes-Fontainebleau, les Ulis, Pont de Sèvres. À l'étude : Avrainville-Villejuif, Rambouillet-Orsay-Gif.
Reste une condition. Un réseau de cars express n'existe que si ses lignes sont expresses et les correspondances sont facilitées. J’invite l’État et la région à accélérer sur les voies réservées et la création de gares routières. Les sommes en jeu sont très faibles au regard des autres chantiers de transport en commun.
La ligne 18 entre en gare de l'Essonne
Le 26 mai également, j'ai visité la station Polytechnique-Paris Saclay de la ligne 18 du Grand Paris Express.
La ligne 18 changera concrètement le quotidien des Essonniens. Ce métro desservira directement le plateau de Saclay, premier pôle scientifique et technologique français. Il bénéficiera à 335 000 habitants et près de 190 000 emplois sur son tracé. C'est un levier décisif pour l'attractivité du territoire, pour ancrer les entreprises et les chercheurs qui font déjà de l'Essonne un moteur du réarmement scientifique et industriel européen.
Entre Massy et le plateau de Saclay, il faudra seulement 7 minutes pour relier plusieurs stations. Orly et Versailles seront connectés en moins de 30 minutes, contre plus d'une heure aujourd'hui. Avec un métro automatique toutes les 3 minutes aux heures de pointe, ce sont 100 000 voyageurs quotidiens qui bénéficieront d'une offre fiable et cadencée avec 35 kilomètres de ligne et 10 nouvelles gares, dont six en Essonne.
Le Département a toujours défendu cette ligne, y compris quand elle était remise en cause. Nous avons travaillé à améliorer l'accès cyclable aux gares de la ligne 18 : sur la RD 46, au nord du Christ de Saclay, avec une passerelle sur la N118 et un chaucidou vers Vauhallan. Le VIF 8, itinéraire vélo structurant dont le tracé a été décidé, viendra compléter ce maillage.
Mai à Vélo : le dernier kilomètre compte aussi
Pendant tout le mois de mai, la sixième édition de « Mai à Vélo » a mobilisé les Essonniens par milliers. Chaque kilomètre enregistré sur l'application Geovelo, pour aller travailler, déposer les enfants, ou simplement rouler.
Comme ministre des Transports, je l'ai défendu, comme Président du Département, je continuerai à l'appliquer : nos réseaux de transports seront efficaces s'ils se complètent comme les maillons d'une même chaîne de mobilité et offrent du choix, c'est-à-dire de la liberté à nos concitoyens.
Ce challenge dit une chose simple : la transition écologique ne tient pas qu'aux grandes infrastructures. Elle passe aussi par le geste répété, devenu habitude collective. Et en ce 5 juin, Journée mondiale de l'environnement, la résonance est nette. Quand un Essonnien enfourche son vélo plutôt que sa voiture pour deux kilomètres, il baisse ses émissions, préserve son pouvoir d'achat, désengorge des axes déjà à bout. Un trajet à vélo est un geste de santé autant qu'un choix politique.
Car express, RER, ligne 18, vélo : rien ne s'oppose ici, tout s'emboîte. La ligne 18 assure les liaisons structurantes du plateau. Les RER rénovées amélioreront la vie quotidienne des millions de franciliens qui les empruntent. Le vélo prend le dernier kilomètre, la proximité, l'accès aux gares.
C'est cela que nous construisons en Essonne : un continuum de mobilité douce et collective, où chacun, selon l'endroit où il vit et ce dont il a besoin, trouve une alternative réelle à la voiture individuelle. Au fond, c'est un projet de civilisation : un territoire qui ne laisse personne au bord du chemin.
François Durovray
Président du Département de l’Essonne