L’Essonne, Vallée des savoirs
Ce matin, le Président de la République Emmanuel Macron a honoré de sa présence le Très Grand Centre de Calcul du CEA, à Bruyères-le-Châtel. Ce centre est une évidence essonnienne.
La puissance du calcul assure notre souveraineté
Le forum organisé le vendredi 22 mai au TGCC a réuni chercheurs, industriels, investisseurs et représentants institutionnels français et européens autour d’un constat partagé : la compétition mondiale pour la maîtrise des technologies de calcul s’est accélérée. Les États-Unis et la Chine ont pris une avance significative que l’Europe ne peut se permettre de laisser se creuser davantage. Face à cette réalité, le Président de la République annonce aujourd’hui une enveloppe supplémentaire d’un milliard d’euros pour le plan quantique national, ainsi qu’un engagement de 550 millions d’euros dans un futur programme européen pour les semi-conducteurs, deux filières qui conditionnent notre souveraineté technologique, notre puissance de demain.
Cette visite n’est pas un commencement. Elle est une confirmation. Il y a cinq ans, le Président de la République lançait le plan quantique national avec une ambition forte et un pari audacieux, et personne ne pouvait alors garantir que nous tiendrions le rythme face aux investissements américains et chinois. Aujourd’hui, en revenant sur notre territoire, il constate que le pari a été tenu. Ce que nous avons construit ensemble fonctionne avec les chercheurs, les industriels et les collectivités. Et la France a pris une nouvelle longueur d’avance.
Ces montants traduisent une conviction que je partage entièrement : aucun effort national, aussi conséquent soit-il, n’a de sens sans une stratégie européenne offensive et coordonnée. La souveraineté technologique est une volonté politique de garantir l’avenir et de créer aujourd’hui notre capacité future à produire, à calculer, à stocker et à protéger les données indispensables à nos économies, nos hôpitaux, nos systèmes de défense et nos industries.
Et cette bataille se joue en partie ici, en Essonne.
Ma proposition d’une Vallée des savoirs pour l’Essonne
L’Essonne s’affirme comme un territoire stratégique pour les infrastructures numériques, en particulier autour du cluster Paris-Saclay, grâce à la disponibilité de foncier, à sa proximité avec les infrastructures énergétiques et à des coûts d’aménagement maîtrisés. Ce n’est pas une position acquise par hasard : c’est le résultat d’investissements publics de long terme, d’une attractivité universitaire et scientifique construite année après année. En Essonne, nous pensons l’innovation comme un investissement et comme le progrès des générations de demain.
Des entreprises comme Pasqal, spécialiste des calculateurs quantiques à atomes neutres, et Quandela, pionnière de l’informatique quantique photonique, en sont la preuve concrète : nées en Essonne, dans l’orbite de Paris-Saclay, elles figurent aujourd’hui parmi les acteurs de référence mondiaux de leur secteur. Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat d’un écosystème construit patiemment, année après année.
Ou encore Data4, champion européen des data centers, a choisi l’Essonne pour lancer la construction de son nouveau campus numérique à Nozay, dédié à l’Intelligence artificielle, avec l’ambition d’en faire le plus grand hub numérique d’Europe. Le même opérateur, en partenariat avec la Fondation de l’Université Paris-Saclay et avec le soutien du Département, développe à Marcoussis le premier data center bio-circulaire au monde, qui utilise la chaleur des serveurs pour capturer du CO₂ et cultiver des algues converties en bioénergie.
Ces exemples traduisent notre modèle : celui d’une Essonne qui ne subit pas la révolution numérique, mais qui la construit, qui ne choisit pas entre performance technologique et responsabilité environnementale, mais qui concilie les deux.
Ce modèle nous oblige et je propose d’aller plus loin.
Je propose de fédérer nos atouts autour d’un grand projet de territoire : la Vallée des savoirs. L’Essonne concentre trois atouts que peu de territoires peuvent présenter : la recherche fondamentale et appliquée de Paris-Saclay et du CEA, des infrastructures de data centers en pleine expansion et des entreprises technologiques (startups, grands groupes, acteurs de la défense) qui ont besoin de ces deux premiers atouts pour innover. Ces forces coexistent sur notre sol. Elles ne forment pas encore un projet commun, structuré et visible à l’échelle internationale. C’est ce manque que la Vallée des savoirs doit combler en organisant ce qui existe, en rendant attractif pour les chercheurs et les talents notre territoire.
Je crois en cette hybridation fertile des technologies et des intelligences. Elle fera de l’Essonne une référence européenne en matière d’infrastructure numérique souveraine et responsable.
La visite du Président de la République au TGCC ce matin est le point de départ de cette ambition. Il nous appartient désormais d’organiser nos atouts à la hauteur de l’enjeu : un enjeu de souveraineté, mais aussi un enjeu de civilisation, celle qui marie innovation, intelligence et progrès.
François Durovray
Président du Département de l’Essonne