Discours d’installation partie 1/1

Mes chers collègues,
Tout d’abord je voudrais vous dire tout simplement MERCI.
Merci à tous du fond du cœur de votre confiance. Je sais ce qu’elle
représente pour vous comme pari mais surtout, je l’espère, comme
chance. Je peux vous assurer, que chaque jour, je chercherai à être
digne de votre vote et, à travers vous, de celui des Essonniens.
C’est étrange. 6 ans après, l’émotion que je ressens est différente mais
elle est toujours aussi intense.
Elle est différente car je n’ai plus l’appréhension de 2015.
Aujourd‘hui, je sais très bien où je mets les pieds. Je connais
parfaitement la maison, les femmes et les hommes qui la font vivre,
ses rouages et ses enjeux. Je sais, aujourd’hui, que je n’aurai pas de
mauvaise surprise.
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Pour autant, l’émotion est toujours aussi forte. Je suis au service de ce
département depuis 20 ans. Je mesure la chance que j’ai de pouvoir
continuer à représenter et porter l’Essonne.
C’est pour moi une grande fierté. Ce ne sont pas les mandats qui
m’attirent mais la possibilité d’être utile, particulièrement à ce
département que j’aime profondément.
Vous le savez tous, et mes proches le subissent suffisamment, je me
couche en pensant à l’Essonne, je me lève en pensant à l’Essonne.
Si un jour ce n’était plus le cas, j’arrêterais et je ferais autre chose.
Aujourd’hui, l’Essonne reste plus que jamais mon adrénaline. Alors, j’ai
bien l’intention de lui donner la même énergie.
Nous avons en commun cette passion de l’Essonne. Elle nous lie.
Dans cet hémicycle, nous sommes TOUS l’ESSONNE !
Vous avez été élus pour en porter le maillot. Félicitations à chacune et
chacun d’entre vous !
Ce matin, j’ai une pensée particulière pour tous les collègues qui ont
fait le choix de ne pas se représenter mais aussi pour celles et ceux qui
n’ont pas été confortés par les urnes. Ainsi va la démocratie.
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Au terme d’une campagne comme nulle autre pareille, j’ai le plaisir de
retrouver une majorité confirmée, des compagnons de route
expérimentés. J’ai aussi le plaisir d’accueillir de nouveaux visages. Leur
regard neuf sera un atout.
Quelle que soit votre terre électorale, quelle que soit votre couleur
politique, vous êtes tous majoritaires ici. En tant que Président, je veux
vous dire mon égale considération. J’aurai plaisir à travailler avec
chacune et chacun d’entre vous.
Vous serez amenés parfois à dépasser vos sensibilités politiques ou à
sortir du cadre de votre canton pour FAIRE Essonne.
Ce mandat s’ouvre évidemment dans un contexte particulier, avec une
abstention record aux élections départementales et régionales.
Il y a urgence à ce que la représentation nationale facilite les
conditions du vote ; Clarifie et rende plus lisible le rôle des collectivités.
Nos concitoyens ne reviendront aux urnes que s’ils connaissent et
comprennent ce que nous faisons et trouvent utile notre action.
Si l’enjeu est national, certaines réponses à la crise démocratique
peuvent et doivent être locales.
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Nous avons déjà pris des initiatives avec le CESEE ou avec l’élaboration
du livre blanc qui a associé des milliers d’habitants et acteurs du
territoire. Mais la situation actuelle nous impose de nouvelles
responsabilités, davantage de proximité pour renouer le fil avec nos
concitoyens.
À cet effet, je désignerai un conseiller départemental qui sera en
charge de la démocratie participative, du dialogue avec les Essonniens.
Il devra travailler en transversalité avec ses collègues pour que notre
institution fasse corps avec notre territoire et ses habitants.
Au moment de débuter ce nouveau mandat, la tentation est grande
d’être exhaustif.
Il est vrai que la mission première de notre collectivité est de délivrer
un service public de qualité, partout sur le territoire.
Une mission réalisée grâce à la compétence et le dévouement des
4000 agents auxquels je veux associer les pompiers du SDIS, nos
satellites et nos partenaires.
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Les Essonniens ne mesurent pas toujours que le Département est
partout dans leur vie :
- pour entretenir les 1400 kilomètres de routes départementales, les
2400 kilomètres de chemins de randonnées, nos 2000 ha d’espaces
naturels
- pour préparer au quotidien les 45 000 repas des collégiens
- pour assurer les 50 000 consultations en PMI, protéger 3000 enfants
confiés à l’aide sociale
- pour accompagner les 80 000 Essonniens porteurs d’un handicap ou
les 15500 aînés bénéficiaires de l’APA,
- pour aider les 16 000 foyers dans leurs travaux de rénovation
énergétique,
- pour accueillir 120 000 visiteurs à Chamarande, pour soutenir
330 000 licenciés sportifs,
- pour secourir enfin les personnes et les biens au cours des 100 000
interventions annuelles de nos soldats du feu….
J’arrête là, la longue liste des nobles missions que nous assurons 365
jours par an, 24h/24 h.
Ma considération et ma passion pour le service public, et ceux qui le
rendent sont sincères. J’en partage les joies mais aussi les peines.
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Je sais mieux que quiconque, la performance technique et financière
réalisée par nos équipes.
Je crois pouvoir affirmer avoir toujours été à leurs côtés, même si les
contraintes ne me permettent pas de satisfaire tous les besoins. Je sais
les efforts de modernisation déjà accomplis et ceux qu’il reste à
accomplir.
Sachez que je suis déterminé à défendre la pertinence d’un échelon
départemental et de missions auxquelles je crois profondément.
∞∞∞∞∞∞
Plutôt que de prononcer un long discours -ceux qui me connaissent
savent ce dont je suis capable -, je souhaite concentrer mon propos sur
deux temporalités :
- le court terme car il faut sortir l’Essonne le plus rapidement possible
de la crise
- le long terme, car il faut par nos décisions mettre l’Essonne dans les
meilleures dispositions pour préparer le monde d’après, le monde DE
près.

Discours d’intallation partie 2

L'urgence d’abord, car notre département, comme tous ceux d’Ile-deFrance, a été plus durement touché par la crise sanitaire, sécuritaire, 
économique et sociale. Cette crise aggrave les inégalités et fait 
diverger les destins. Garants de la cohésion sociale et territoriale, nous 
devons tout mettre en œuvre pour amortir, soutenir et rebondir. 
Je vous proposerai des initiatives autour de 4 axes :
Le 1er c’est de contribuer à la relance économique. 
Comment ? 
- En donnant du travail à nos entreprises, grâce à un niveau 
d’investissements inégalé dans l’histoire du département. A la fin de 
cette année, je vous soumettrai un Plan Pluriannuel 2021/2028 de plus 
de 2 Milliards d’euros pour répondre aux besoins de nos habitants ; Et 
renforcer ainsi l’attractivité de notre territoire. 
- En généralisant les coachs emplois, expérimentés depuis quelques 
mois à Brétigny, pour remettre les bénéficiaires du RSA sur le marché 
du travail le plus rapidement possible. L’insertion doit toujours primer
sur l’assistanat. Ce n’est pas qu’une question financière, même si le 
RSA constitue désormais notre première dépense sociale – à hauteur 
de 200 M€- ; C’est surtout une question de dignité humaine.
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Le deuxième axe, c’est la jeunesse, en la plaçant au cœur du projet 
départemental. Les jeunes ont souffert durant cette pandémie. 
Ils ont aussi massivement boudé les urnes à ces dernières élections.
Je vous proposerai donc d’organiser très vite des Assises de la jeunesse 
pour apporter, en lien avec l’ensemble des acteurs concernés, des 
réponses concrètes en matière de formation, de logement, de 
mobilité, d’emploi et de citoyenneté.
Troisième axe : protéger les Essonniens, notamment dans leur santé 
en luttant contre la désertification médicale. 
S’il s’agit d’une compétence nationale, nous défendrons nos hôpitaux
dans toutes ses dimensions. Nous renforcerons aussi la médecine de 
ville grâce aux bourses allouées aux internes. Une vingtaine a déjà fait 
le choix de s’implanter en Essonne. 
Nous aurons également une attention particulière pour nos aînés, qui 
ont été très touchés dans leur chair par la maladie ou dans leur tête à 
cause de l’isolement durant le confinement. 
Nous travaillerons donc sur un nouveau schéma de l’autonomie pour 
améliorer notamment les services d’aides en vue de favoriser le 
maintien à domicile des seniors.
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Quatrième axe : restaurer la tranquillité de nos concitoyens. 
Il faut apaiser les tensions que la crise a fait naître ou amplifié, au sein 
des familles d’abord. Un chiffre : nous avons enregistré 1000 
informations préoccupantes supplémentaires en un an, soit + 20% ! 
Aussi, dès le 13 juillet, je vous proposerai de renforcer à hauteur de 
3M€ les moyens dédiés à la protection de l’enfance. 
L’agressivité se propage dans la société. Nous continuerons donc à 
accompagner les villes dans leur équipement, à déployer la vidéoprotection dans nos espaces publics avec les bailleurs sociaux. 
Enfin, nous resterons intransigeants dans la défense de nos principes 
et les valeurs qui fondent notre pacte républicain comme la laïcité. 
Vous le savez, la sécurité est une mission régalienne de l’Etat. 
Nous déplorons depuis des années des sous-effectifs chroniques. 
Aussi, dans le cadre du plan Essonne que le Premier ministre m’a 
promis en février dernier, j’attends rapidement des moyens concrets 
et chiffrés pour notre police et notre justice. 
Je n’accepterai pas de demi-mesures.
Je demande par ailleurs à ce que l’Essonne soit davantage 
accompagnée compte-tenu des enjeux exceptionnels qu’elle porte.
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Une part de l’avenir de notre pays se joue chez nous.
La situation est certes difficile partout. 
Elle l’est davantage dans les Départements comme l’Essonne qui, 
compte-tenu de leur croissance démographique, doivent construire 
plus de collèges, de routes, accompagner toujours plus de publics 
fragiles. 
A défaut de supprimer les Départements, le Gouvernement les a privés 
de leur capacité à agir en les asphyxiant financièrement. 
La réforme de la fiscalité nous prive de la dynamique propre à notre 
territoire. 
Cette situation est intenable dans la durée. Avec mes collègues de 
l’ADF, je demanderai au Gouvernement des règles plus justes.
Nous allons avoir des rendez-vous majeurs pour déterminer le niveau 
de son engagement vis-à-vis du territoire avec la négociation du 
contrat de projet Etat-Région. En 2015, mon premier combat a été 
d’obtenir les crédits pour le Tram-train de Massy-Evry. 
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Aujourd’hui, nous attendons un soutien financier ambitieux, à hauteur 
de 200M€, pour l’enseignement supérieur et la recherche et un effort 
de rattrapage sur les mobilités :
- Pour achever la rénovation des RER et améliorer leur confort et 
leur régularité
- Pour développer l’offre des transports publics par la complétude 
du Grand Paris et le déploiement des lignes de bus express le long 
des grands axes routiers.
- Pour renforcer le plan anti-bouchons, avec de nouveaux 
chantiers structurants : le contournement d’Orly, l’échangeur 
A6/A10, les aménagements des RN20 et RN7 et la desserte du 
Val d’Essonne. 
Sans oublier que nous prendre notre part d’effort et allons conforter
nos propres projets, en privilégiant notamment les mobilités durables 
avec un plan vélo conséquent. 
Pour assurer le pilotage et le suivi de ces dossiers, je nommerai une 
vice-présidente en charge des mobilités, depuis la conception jusqu’à 
la réalisation des projets. 
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Mes Chers Collègues, je vous ai parlé de notre autonomie financière, 
parce qu’elle conditionne notre action dans la durée.
Notre rôle n’est pas de suivre le vent mais de donner un cap à notre 
territoire. C’est la noblesse de la politique d’anticiper et de prévoir, de 
prendre des décisions dont les effets se jugeront sur le long terme. 
Avec le Livre blanc Essonne 2040, nous avons déjà établi une feuille de 
route pour permettre à notre territoire de tirer profit des mutations 
du XXIe
siècle. Le confinement est venu nous réinterroger sur ce que 
nous sommes, sur ce que nous voulons individuellement et 
collectivement. Sur ce que nous ne voulons plus aussi. 
La crise a accru les difficultés mais elle nous offre aussi de formidables
opportunités. 
Là encore, 4 enjeux :
Le premier est d’offrir aux Essonniens un cadre de vie agréable
propice à leur épanouissement. 
- Pour y parvenir, il faut continuer à préserver le patrimoine naturel
et historique qui forge notre identité : cela signifie lutter contre les 
pollutions, sanctuariser davantage les espaces naturels -nous 
ouvrirons d’ailleurs une 11e
forêt au sud d’Evry-, protéger la 
biodiversité et viser le « 0 » artificialisation nette.
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Cela impose d’amplifier la restauration de notre patrimoine 
départemental, de réussir l’arrivée du Centre Pompidou à Massy, de 
faire rayonner le Festival Essonne en Scène.
- Il faut ensuite rendre l’habitat plus qualitatif. Pour lutter contre les 
ghettos, nous consacrerons 30 M€ à la rénovation des quartiers ; 
Surtout, notre prochaine politique du logement et de l’habitat devra 
favoriser l’accession à la propriété des familles essonniennes, parfois 
empêchées compte-tenu des prix de l’immobilier. 
De même, nous continuerons à les aider à rénover leurs logements par 
une refonte de la prime éco-logis. Elle devra être plus efficace dans la 
lutte contre le changement climatique.
- Enfin, il faut renforcer la vitalité de nos communes. 
Nous devons assurer la présence du Département en tout point du 
territoire : là pour rénover un préau d’école ou une crèche, ici, un 
gymnase, un stade ou une salle des fêtes ; Là encore pour
accompagner les associations sportives, sociales ou culturelles à faire 
battre le cœur de nos villes et villages.
Nous maintiendrons donc un soutien élevé à leur endroit.
C’est en permettant à chacun de vivre épanoui sur son territoire que 
nous parviendrons à anticiper, maîtriser, en un mot tirer bénéfice des 
bouleversements actuels et en faire une chance pour chacun.
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Deuxième enjeu de ce mandat : assurer la transition numérique. 
Nous avons investi dans les outils, en déployant massivement la fibre 
optique dans les zones carencées. Dès la fin de l’année, 123 communes 
auront accès au très haut débit. C’est un investissement sans 
précédent. 
Désormais, nous devons nous concentrer sur les usages numériques.
La crise a permis de déverrouiller, bien au-delà de nos espérances, le 
recours au télétravail. 
Personne n’imagine revenir à la situation antérieure. Et c’est tant 
mieux : tant mieux pour nos réseaux de transports, tant mieux pour 
l’équilibre vie professionnelle/vie familiale ; tant mieux pour nos 
commerces, associations et communes qui vont devenir des territoires 
à vivre pleinement.
Au-delà des lieux de co-working, nous devons travailler avec le bloc 
communal sur la révolution numérique. En partageant les données, 
nos cartographies, nous pourrons mutualiser le pilotage à distance de 
l’éclairage public, du stationnement, de la vidéo-protection. 
Le champ pour améliorer la qualité, l’accès au service public et 
optimiser les consommations, est immense. Je vous propose d’ouvrir
ce chantier qui va transformer nos vies et celles de nos concitoyens.
Nous avons la capacité, ici en Essonne, plus qu’ailleurs, d’inventer 
demain car l’innovation est l’ADN de notre territoire. 
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Pour résoudre le défi climatique -notre troisième enjeu-, je vais vous 
faire une confidence : la science et la technologie seront plus 
efficaces… que la suppression des sapins de Noël.
La transition écologique ne doit pas nécessairement s’opérer dans la 
douleur. Elle nous offre en effet de belles opportunités en Essonne:
- L’opportunité de créer de l’emploi et de soutenir le pouvoir 
d’achat.
En aidant les Essonniens à lutter contre les passoiresthermiques, 
en favorisant l’économie circulaire, nous allons créer de 
l’activité, nous réduirons nos émissions de gaz à effet de serre et 
la facture énergétique des ménages. 
- L’opportunité de produire chez nous une part de notre énergie. 
Il faut arrêter les projets, certes sympathiques, mais non viables. 
Pour décarboner notre société, nous favoriserons l’émergence 
de projets soutenables autour de la biomasse et de l’hydrogène 
vert. A la rentrée, je vous proposerai par ailleurs d’accompagner 
l’extension du réseau de géothermie des Portes de l’Essonne.
- L’opportunité enfin d’une alimentation locale saine. C’est le
difficile mais formidable enjeu de la transformation de notre 
agriculture. 
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Elle a tout intérêt à se tourner davantage vers son marché 
intérieur, en produisant fruits et légumes. Notre devoir est de 
leur garantir des débouchés. J’espère que nous y parviendrons 
dans les deux ans qui viennent.
Je voudrais terminer mon propos en vous parlant d’un dernier défi qui 
doit tous nous mobiliser : celui de la connaissance. Il permettra 
d’embarquer le plus largement possible nos concitoyens dans le 
monde de demain.
Notre première responsabilité est évidemment de construire et 
entretenir les collèges.
Nous avons engagé un programme très ambitieux pour ouvrir 8
nouveaux établissements et en rénover bien d’autres. 
Mais ouvrons ensemble le chantier de la réussite éducative : pour 
favoriser la maîtrise du langage dès le plus jeune âge, avec l’appui des 
9000 assistantes maternelles que nous agréons, de nos professionnels 
de PMI ; pour soutenir les nouvelles méthodes d’apprentissage, grâce 
aux outils numériques comme les ordinateurs portables dont seront 
dotés progressivement tous les élèves. Nous favoriserons aussi la 
citoyenneté, le vivre-ensemble, en confortant les projets innovants 
d’établissements. 
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Enfin, nous devons renforcer les liens que nous avons tissés avec les 
grandes écoles, les universités, les centres de recherche du territoire, 
pour que l’excellence bénéficie au plus grand nombre.
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Mes chers collègues,
Comme vous le voyez, nous avons du pain sur la planche !
Abordons ce mandat avec détermination, audace et persévérance. 
Cela nécessitera du courage parfois, de l’humilité souvent, du travail 
toujours !
Relever les défis qui nous attendent ne sera pas un long fleuve 
tranquille. 
Mais je crois en votre engagement, en notre capacité à mobiliser, à 
fédérer, à entraîner les forces vives et nos concitoyens du territoire 
pour y parvenir. 
Nous sommes l’Essonne. Alors ensemble, donnons-lui le meilleur de 
nous-mêmes !

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