Quelques vérités sur l’ Essonne..

La semaine du 22 février aura été marquée par des actes de violence qui ont meurtri notre département, avec la mort tragique de deux adolescents de 14 ans en l’espace de 24 heures. Deux faits distincts qui interrogent plus globalement, sur l’état de notre vie collective.

Immédiatement, on a assisté à l’un de ces emballements médiatiques qu’ont pu nourrir certains propos tenus publiquement. C’est le cas par exemple lorsque sont évoquées des rixes qui « gangrèneraient » l’Essonne, brossant un portrait bien noir d’un département loin de ces généralisations.

Gerald Darmanin et François Durovray - 23022021
Gerald Darmanin et François Durovray – 23022021

Au nom de ses habitants, 1,3 million de femmes et d’hommes qui ne se retrouvent pas dans certaines caricatures lues ou entendues ces derniers jours, je veux ici exprimer un sentiment de « ras-le-bol ». Président du Conseil départemental *¹ , je n’ignore ni ne sous-estime la gravité de certains phénomènes de « bandes » mais ce que je sais, c’est que par-delà les postures, ils appellent surtout des actes et des moyens. Je refuse que ce territoire, sous le feu d’une actualité dramatique, soit soudain réduit au statut de « terre barbare », berceau de toutes les incivilités.

Nul ne doit l’oublier : l’Essonne, c’est avant tout un territoire fort d’une qualité de vie exceptionnelle. Il profite à quelques kilomètres de Paris, d’infrastructures dignes d’une grande métropole. Dans le même temps, il est riche de terres agricoles et d’espaces naturels de grande valeur paysagère et écologique. L’Essonne, ce sont aussi des établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche qui d’Evry au Plateau de Saclay forment un écosystème de classe internationale. C’est aussi un tissu économique particulièrement dynamique, notamment dans les secteurs de la R&D, des services et de l’industrie. L’Essonne, c’est un territoire connecté, une population riche de sa diversité et une jeunesse d’abord et avant tout désireuse de contribuer à un avenir enthousiasmant et de s’épanouir sur une terre qu’elle aime. Enfin, c’est une terre d’avenirs à la démographie particulièrement féconde, avec nombre de familles venues s’y installer à la recherche d’une qualité de vie accrue devenue rare en Ile-de-France.

Il ne s’agit ni de nier ces atouts, ni de minimiser les tensions au quotidien qui peuvent exister. Face à cela, et avec les moyens dont ils disposent, le département et les communes agissent, avec volontarisme et sans relâche, en mobilisant tous les leviers à leur disposition.

Sécurisation des collèges, mise en place d’un outil central de gestion opérationnelle de la vidéo protection, lutte contre les violences faites aux femmes, hébergement des victimes d’agressions intrafamiliales, participation au « bouclier de sécurité » créé par la Région Ile-de- France : autant d’initiatives dédiées à notre vivre ensemble. S’y ajoutent l’installation d’intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie ainsi que le financement de 135 postes d’éducateurs de rue, tant il est vrai que la notion de « lien social » ne doit pas demeurer à l’état de concept.

Mais un territoire comme l’Essonne a également besoin d’une présence plus ferme de l’Etat. De longue date, les départements de grande couronne ont été doublement pénalisés ; trop proches de Paris pour certains, trop loin pour d’autres.

Dotés de deux fois moins de policiers par habitant qu’à Paris, ils comptent également moins d’enseignants (70 pour mille élèves contre 83). Pour ce qui est de l’Essonne en particulier, le tribunal d’Évry se retrouve débordé, face notamment à l’afflux de dossiers que lui impose la présence du centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis sur le territoire. Pour autant, le nombre de greffiers n’a guère évolué. La cause de tout cela est simple : la croissance démographique très forte que connaît nos territoires n’est pas prise en compte dans la répartition des moyens de l’État, et ce depuis des années.

Mais les choses évoluent. Au-delà du diagnostic, mon rôle de Président est de solliciter une attention accrue de la part de l’Etat. J’ai à ce titre sollicité le Premier ministre. Il m’a proposé de bâtir un plan d’action pour l’Essonne, destiné à accompagner notre territoire dans son développement. Cette nouvelle ambition affichée par le Chef du gouvernement aboutira bientôt, je l’espère, à des solutions concrètes.

L’Essonne a récemment fait parler d’elle par les faits qui l’ont endeuillé. Au-delà des mots et des phrases toutes faites, je me mobilise pour qu’elle soit bientôt cité en exemple pour la réponse que les collectivités et l’Etat sont en capacité d’apporter à très court terme, au profit de nos concitoyens.

François Durovray

François Durovray - L'avocat de la France périphérique

François Durovray – L’avocat de la France périphérique

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