Au-revoir Paul

Il y a des figures qui marquent indélébilement un territoire. Le nom de Paul Loridant, qui vient de nous quitter, est associé à jamais à l’histoire de notre département et plus encore à celle de la ville des Ulis dont il est l’un des fondateurs et où il sera élu sans discontinuer depuis 1977, dont 31 ans comme maire.

Quelle aurait été la destinée de Paul s’il n’avait pas échoué à l’oral de l’ENA ? Peut-être n’aurait-il pas suivi alors cette jeune fille qui habitait Orsay ? Peut-être l’Essonne n’aurait-elle alors pas eu la chance de l’accueillir.
Car ce fut bien une chance. Une chance pour notre département et une chance pour tous ceux qui l’ont connu.

Incontestablement, Paul Loridant a fait don de son talent, à sa ville des Ulis d’abord dont il a suivi pas à pas l’aménagement en 1976 et 1977 où dont il fut ensuite élu maire à 6 reprises, puis au département dont il fut conseiller général pendant quelques années avant de devenir sénateur de l’Essonne.
Il a porté sur toutes les tribunes la voix de son territoire, défendant à chaque instant les intérêts de sa ville, de son canton, de son département, défendant avant tout les intérêts de ses concitoyens.

Paul était un humaniste. Il aimait vraiment les gens.
C’est pour cela que celles et ceux qui l’on connu ne peuvent pas l’oublier. En dépit de ses « coups de gueule », de son redoutable sens de la répartie, de sa gouaille qui lui venait de ses Pyrénées-Orientales natales, Paul était profondément attachant. C’est sans doute la raison pour laquelle il se laissait volontiers attacher, par le parti socialiste pendant longtemps, puis par le Mouvement des citoyens de Jean-Pierre Chevènement avant de rejoindre l’équipe de ma collègue et amie Françoise Marhuenda aux Ulis.

Au fond, c’était un homme libre qui allait là où le portait l’intérêt général, pour peu que ne soient jamais remises en cause les convictions républicaines qu’il avait chevillées au corps
Car Paul était un vrai et un grand républicain qui acceptait le compromis mais jamais la compromission. Cela a pu lui valoir quelques solides inimitiés, mais il a toujours su gagner le respect de ses contradicteurs et même de ses adversaires politiques. J’ai été de ceux-là car, au-delà de nos parcours souvent divergents, nous partagions un socle commun, un attachement viscéral à la France et à la Nation.

Paul nous quitte aujourd’hui et c’est une page de notre département qui se tourne. Son nom reste gravé à jamais au Panthéon de ceux qui ont fait l’Essonne.

A toute sa famille et à tous ses amis, nous adressons nos plus sincères condoléances.