Mesdames messieurs les maires

Mesdames messieurs les maires,

Mesdames messieurs les conseillers municipaux, chers collègues élus,

 

J’ai voulu vous réunir ici aujourd’hui car vous avez en commun une passion, celle de servir une belle cause : la chose publique, et de servir surtout l’Essonne. Vous avez aussi en commun d’avoir décidé, comme un quart des premiers édiles français, de ne pas repartir en 2020. Vous l’avez fait pour diverses raisons : l’âge, la fatigue, la lassitude, la colère parfois mais aussi l’envie de passer le témoin tout simplement, de ne pas faire le mandat de trop…

 

Aujourd’hui, peu importe la raison, vous avez servi, à la tête de vos communes, avec vos équipes, votre commune essonnienne, pendant un voire plusieurs mandats pour certains, je pense à mon ami François Gros, élu au Coudray-Monceaux depuis 1980 ; à Francis Tassin élu à Boutervilliers en 1983 ou encore à Jean-Claude Quintard élu en 1989 à Vert-le-Grand.

 

Aussi, je voulais vous remercier pour votre dévouement, votre engagement, sans faille, au quotidien, au service des Essonniennes et des Essonniens et vous dire combien j’ai été heureux de travailler avec vous pendant ces six années, de vous accompagner dans vos projets et d’avoir été je l’espère, un interlocuteur de proximité et de confiance.

 

Je voulais ainsi vous faire part de toute ma reconnaissance – les maires en manquent aujourd’hui-, et vous dire que je comprends le pincement au cœur que vous aurez en fermant la porte de la mairie prochainement.

 

J’aurais d’ailleurs pu être parmi vous aujourd’hui. Comme vous le savez j’ai dû laisser ma ville à ma première adjointe lorsque j’ai été élu à la tête de ce département, et comme un certain nombre d’entre vous, je ne repartirai pas en tête de liste, même si je reste très impliqué, ce que beaucoup d’entre vous resteront aussi j’en suis certain.

 

Ce n’est pas facile de prendre la décision de laisser les rennes à d’autres, car le mandat de maire est unique. Les maires font battre le cœur de cette République au quotidien. C’est une sacrée responsabilité. Ancrée dans cette relation de proximité avec les gens, en prise avec le terrain, la vraie vie, ses bonheurs, ses aspérités, elle enrichit énormément, apporte son lot quotidien de réjouissances.

 

Oui, il est réjouissant de faire aboutir un projet, de donner un nouveau destin à des parcours, d’être utile aux autres. Etre maire, c’est être au-dessus de la mêlée, des querelles politiques, pour être à l’écoute, comme un docteur, de ses concitoyens, pour entendre respirer cette France qui a beaucoup de souffle mais qui tousse parfois aussi… surtout en ce moment. Le maire a les capacités de réagir, d’agir. C’est toute la noblesse de la politique au sens vrai du terme, pour gérer la vie de la cité.

 

Cela demande beaucoup d’abnégation, de courage et de responsabilité. C’est accepter d’être souvent seul, accepter les charges plus que les honneurs.

 

 

Des charges synonymes de fardeau parfois, face à des marques d’irrespect et d’incivilités croissantes, les maires étant « à portée de baffe » comme on dit. Confrontés à des problématiques récurrentes comme les dépôts sauvages, les gens du voyage, en passant par les chauffards sur nos routes… les maires ont souvent le sentiment d’être les derniers remparts de la République pour faire respecter les règles qui doivent présider au vivre ensemble.

 

Je sais aussi les sacrifices, notamment dans sa vie personnelle, les infidélités ressenties quand on est dans les bras de sa commune…

 

Ce dernier mandat, s’il a sans doute été passionnant, exaltant, a aussi été éprouvant par le contexte national en tension. Vous avez surmonté la violence d’une vague terroriste sans précédent, les aléas climatiques – je pense aux inondations, aux sécheresses-, l’arrivée des migrants, la campagne de #balance ton maire, les instabilités fiscales et institutionnelles, avec la mise en place des intercommunalités qui a tâtonné pour trouver la bonne gouvernance, et enfin, à la crise des gilets jaunes. Une crise que nous sentions germer sur le terrain, qui a creusé davantage le fossé entre les citoyens et leurs représentants et contribué à diviser encore plus notre société déjà très fragmentée.

 

Elle aura eu au moins pour mérite que le Gouvernement décide enfin de consulter les élus locaux, de les écouter, de leur dédier l’oreille des Ministres Mme Gourault et Lecornu.

 

Mais cette crise aura laissé des traces.

 

Je crois hélas qu’elle est en fait le fruit des grands bouleversements que vit notre société actuelle, je veux parler des défis de la révolution digitale et de la nécessaire transition écologique qui est au cœur de toutes les campagnes électorales aujourd’hui.

 

Ces enjeux nécessitent que les élus s’adaptent en marche forcée désormais. La fonction de maire a en effet changé profondément, confrontée à la fois à des citoyens de plus en plus en plus critiques face à l’action publique mais à la fois très demandeurs de service public, Malgré les grande disparités, sociales, économiques, qui existent d’un village, d’une ville à l’autre dans cette petite France qu’est l’Essonne, les maires doivent avoir non seulement beaucoup de volonté, mais aussi un temps d’avance pour répondre à ces défis.

 

C’est en effet du terrain que naissent les idées, que sont éprouvés des projets, menées des expérimentations pour y répondre. Aujourd’hui il faut être au rendez-vous pour imaginer la smart city, penser les nouvelles mobilités, les réductions d’émission de gaz à effet de serre, les équipements modulables pour construire la vie de la cité en bonne intelligence pour les 40 années à venir. Bien sûr nous pouvons avoir des approches, des moyens différents en fonction de la taille de nos collectivités, de leur histoire, de leur identité et de nos sensibilités. Mais nous avons la même volonté d’agir au service de nos administrés.

 

Je crois qu’en Essonne, terre d’avant-gardistes par excellence, cette transition est possible. Elle le sera d’autant plus si nous mettons à profit notre intelligence collective. En cela le Département est là pour vous aider.

 

C’est tout le sens des réflexions que j’ai voulu initier en proposant de travailler ensemble sur nos réseaux, de haut débit d’abord, en déployant la fibre partout où il y avait des carences, mais aussi en vous proposant d’aller plus loin, sur l’eau, l’électricité, et demain les énergies renouvelables.

 

Les Départements, qui viennent de fêter ses 230 ans hier, doivent rester l’interlocuteur privilégié des communes et la collectivité de proximité par excellence afin de garantir la cohésion territoriale. En soutenant vos projets, nous voulons garantir un égal accès à des services et équipements publics à nos concitoyens. En cela je crois avoir été à l’écoute de chacun, sans tenir compte des étiquettes politiques, de la taille de la commune…

 

Gageons que les jeux de bonneteau fiscal, consistant à déshabiller Pierre pour rhabiller Paul, un coup en supprimant la taxe d’habitation, l’autre en transférant le foncier des départements aux communes, ne viendra pas mettre en péril cette nécessaire cohésion. 

 

Nous serons là demain, auprès de vos successeurs, ceux que vous avez parfois désignés, ceux qui seront choisis par les habitants de vos communes, pour les accompagner dans leurs ambitions.

 

Je reste convaincu néanmoins que vous resterez engagé, d’une façon ou d’une autre, ou que vous aurez un regard attentif sur la prochaine mandature et je vous annonce donc aujourd’hui que je réunirai les nouveaux maires après les élections pour travailler sur un projet pour l’Essonne afin de répondre ensemble aux grands enjeux comme celui de la transition écologique.

 

Pour finir, je veux vous dire que j’ai bien conscience que la démocratie est fragile mais que si la République est restée debout, c’est grâce à vous. Je suis sûr aussi que demain, le renouveau démocratique partira du terrain. C’est la France des territoires qui permettra de redresser notre beau pays.

  

Encore merci à vous et vive l’Essonne !

 

PAROLES DE MAIRES lors de cette belle cérémonie:

ÉTAMPES: Depuis 2015, le sud Essonne est entendu et écouté et cela  n’était pas le cas avant. Le département nous accompagne et investit pour les communes.

CHAMARANDE: C’est la première fois que le département s’inquiète de ce qui se passe à CHAMARANDE lorsqu’il y a de grandes manifestations. Merci !

Le département occupe deux tiers de la commune avec la forêt départementale et le domaine de Chamarande. Je remercie le département et son président pour l’attention portée à la commune et ses habitants lorsque la population se trouve multipliée par deux lors de certains weekend-end d’été.

ORMOY LA RIVIERE: la vie a changé depuis 2015. Nous existons pour le département

SACLAY: Le Département investit énormément, notamment avec les travaux du Christ de Saclay

PUISELET LE MARAIS: Nous avons le plus petit centre de secours de l’Essonne et je tiens à remercier le département de l’avoir maintenu.

GOMETZ LA VILLE: Élu depuis 1989, c’est la première fois que nous avons de telles relations avec le Département.

FONTENAY LE VICOMTE : Je souligne le partenaire incontournable qu’est le département pour les petites communes.

SAINT SULPICE DES FAVIERES: 300 habitants Merci au Département pour l’aide apportée pour l’entretien de l’église classée aux Monuments Historiques depuis 1840

LE COUDRAY MONTCEAU: (maire depuis 1980): Cela peut paraître long mais il n’y a aucune lassitude.

 

http://www.francoisdurovray.fr/

https://www.amf.asso.fr/

http://www.departements.fr/

© Henri Perrot

La lettre d’info

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