Une coopération plus que jamais nécessaire entre l’Essonne et le Mali 

Alors que la France pleurait ses soldats disparus en opération militaire au Mali, j’étais en déplacement le week-end dernier à Bamako pour renouveler nos accords de coopération avec nos amis maliens, à l’occasion des 25 ans de la Biennale de la photographie. Un rendez-vous très dépaysant, haut en couleurs, empreint de fait d’une grande solennité eu égard au contexte international.

Si j’ai d’ailleurs voulu renforcer cette coopération, c’est parce que le Mali a besoin de l’Essonne et réciproquement. Nous devons œuvrer ensemble au meilleur développement de ce territoire, à éviter sa fuite des cerveaux, la fuite d’une jeunesse qui court vers un autre eldorado alors que nos conditions d’accueil ne sont plus satisfaisantes. Aider le Mali, c’est un acte de générosité mais c’est aussi nous aider aussi.

L’accueil de notre délégation essonnienne – j’étais accompagné de mes collègues du Département Aurélie Gros et Damien Allouch – a lui été très chaleureux, que ce soit à l’Ambassade par son excellence Joël Meyer que par les autorités maliennes avec la rencontre de Mamadou Satigui Diakite, président du haut Conseil des collectivités, M. Oumar Hamadoun DICKO, Ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique et N’Diaye Ramatoulaye Diallo, Ministre de la Culture.

 

J’ai pu mieux saisir les liens d’amitié qui unissent nos territoires depuis plus de vingt ans, construits notamment au sein du RéSEM. Fort de 42 acteurs, des collectivités, associations et institutions essonniennes et maliennes, ce réseau grandit depuis dix ans pour faire de la coopération un levier de développement économique, culturel et social de part et d’autres de nos frontières. J’étais très heureux de rencontrer les présidents des Cercles de Diéma, Douentza et Nioro-du-Sahel avec qui nous travaillons localement. Ils m’ont d’ailleurs renforcé dans mes convictions, me confirmant le rôle essentiel que jouent les collectivités territoriales en matière de cohésion. Ce a fortiori dans un pays où l’Etat reste fébrile et où l’instabilité fait chaque jour le lit des conflits et du terrorisme.

Mes homologues étaient donc très en attente de cet échange qui a débuté par un repas très convivial chez l’habitant. Je remercie Tyoubado Dicko et de nous avoir accueilli dans sa famille.

Le séjour s’est ensuite poursuivi par le renouvellement du protocole de coopération pour 2019-2021 et par la signature de la convention Rencontres de Bamako – Essonne entre le CD91, l’Institut Français, l’Ambassade de France et le Ministère malien de la culture. A l’occasion, nous avons été conviés au vernissage de l’exposition « 5 photographes, un hommage à David Goldblatt ».

Le volet culturel de notre coopération est ainsi particulièrement nourri avec en point d’orgue depuis trois ans l’organisation du festival de l’Essonne-Mali Festival. L’EM FEST sera l’an prochain parrainé par le rappeur franco-malien Oxmo Puccino et donnera de fait la part belle à la photo, avec des résidences d’artistes en vue. Nous avons par ailleurs inauguré le Complexe Culturel Blonba géré par l’association culturelle #Wokloni, très active avec plus de 500 représentations dans huit pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Nord.

Ces échanges culturels participent au nécessaire dialogue entre les peuples, indispensable pour mieux se comprendre. Laurent Wauquiez, également présent à Bamako en tant que Président de l’Association Internationale des Régions Francophones, a d’ailleurs beaucoup insisté sur ce point.

Néanmoins, forts du soutien du Ministère des affaires étrangères, nous avons voulu renforcer notre partenariat dans un champ plus économique et social pour promouvoir le développement de l’agriculture, l’éducation et la lutte contre les inégalités avec des actions notamment ciblées envers les femmes et les jeunes. J’étais d’ailleurs réjoui de l’accueil réservé dans une école jumelée avec le collège La Guyonnerie de Bures-sur-Yvette (où j’ai moi-même étudié CQFD). En tant que Président d’une collectivité chargée de l’entretien des 100 collèges de l’Essonne, j’avoue être resté saisi par les conditions d’apprentissage des jeunes maliens, qui arboraient néanmoins de larges sourires et qui étaient heureux de jouer au frisbee et au foot avec nous. L’essentiel là-bas étant que les savoirs irriguent la population, d’où un certain nombre de projets prévus dans ce domaine.

Bien sûr impossible de comparer nos conditions de vie. Tout de même je garde de ce voyage une invitation à relativiser, à prendre les choses avec un peu plus de philosophie, même si notre pays, en pleine tourmente sociale, laisse se creuser de vraies disparités. En tant que Président d’un territoire où elles sont d’ailleurs très fortes, c’est mon souci au quotidien de renforcer les solidarités quelles qu’elles soient. En Afrique, la solidarité reste d’ailleurs très ancrée dans les cultures, et je suis sûre qu’elle vaincra tôt ou tard contre ceux qui veulent mettre à mal nos démocraties. La France, l’Essonne, fera tout son possible pour soutenir le Mali dans cette voie.