Avant de recycler le verre, consignons-le !

En 2050, l’Homo sapiens produira 3,4 milliards de tonnes de déchets au lieu de 2 actuellement. Alors qu’en France le verre remplit la moitié de nos poubelles, je plaide pour que la consigne soit réintroduite. L’Essonne est prête à l’expérimenter.

La consigne a été supprimée à tort il y a plus de 30 ans. À présent la vie d’une bouteille en verre est absurde. Après utilisation elle est jetée, brisée, fondue 24 heures à 1500°C et à nouveau transformée en bouteille vide. Est-ce une avancée ? Pour progresser, encore faut-il aller dans la bonne direction.

La fabrication du verre consomme 15 fois plus d’énergie que le seul lavage d’une bouteille. A un cycle vertueux a succédé un processus coûteux et polluant. Une bouteille en verre consignée émet jusqu’à 80% de gaz à effet de serre en moins qu’une bouteille à usage unique.

Au-delà de la réduction de l’impact environnemental, la consigne est une bonne nouvelle pour le portefeuille des Français. Les filières de gestion des déchets sont financées en grande partie par les impôts. Quand le verre est extrait de ce circuit, la collectivité n’a plus à supporter le coût lié à son recyclage. Et grâce à la consigne, le consommateur peut en retirer quelques bénéfices et surtout la satisfaction de faire un geste pour la planète. Et tous les gestes sont importants.

Le Département que je préside entend d’ailleurs encourager tout  type d’engagement. Il est reconnu comme un acteur efficace de la politique territoriale de prévention des déchets et lauréat du programme « Zéro Gaspillage – Zéro Déchets » depuis 2015. Cette année nous avons intensifié nos efforts. Nous apportons un soutien renforcé aux acteurs de l’économie circulaire via des appels à projets innovants. Nous avons la volonté de devenir un territoire zéro déchet et cela commence par le lancement, récemment, d’une campagne de sensibilisation pour lutter contre les dépôts sauvages.

Le Ministère de la transition écologique et solidaire veut instaurer la consigne pour les bouteilles en plastique. C’est une nécessité pour aller vers la diminution de l’utilisation de cette matière, ce qui peut de fait entraîner une augmentation du recours au verre ; d’où la nécessité impérieuse de le consigner. Le territoire de l’Essonne est prêt à montrer l’exemple et à inciter chacun à moins et mieux jeter. Il faut aussi inviter les fabricants de boissons à renouer avec le verre. L’industrie de ce dernier ne s’en portera que mieux. Alors qu’attendons-nous?

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