Européennes : l’alternative à droite est urgente

Que je sois déçu du résultat des élections européennes, à l’évidence oui. Que je sois surpris, à l’évidence non.

D’abord, parce que l’abstention reste conséquente. Malgré un regain de la participation, un inscrit sur deux ne s’est pas déplacé. L’enjeu européen reste mal compris face aux maux quotidiens des Français.

Ensuite parce que le Rassemblement national (RN) et La République en marche (LREM) ont tout fait pour réduire ce scrutin à un duel. Ils peuvent certes se remercier et se féliciter mutuellement mais leur score s’est fait au détriment de la démocratie. Viendra un jour où LREM n’apparaîtra plus comme un rempart. Déjà, des sondages ont montré qu’une réédition à la présidentielle du match Macron/Le Pen se jouerait au coude-à-coude.

Seule tendance affirmée, dont on pourrait presque se satisfaire: le résultat de la liste écologie (EELV) qui témoigne de la vraie sensibilité des Français et notamment des plus jeunes pour cette question fondamentale de la lutte contre le réchauffement climatique. Je ne peux que m’en réjouir alors que j’ai placé la transition énergétique au cœur des défis de l’Essonne.

Ma déception vient surtout des résultats de ma famille politique : les Républicains ont essuyé un score historiquement bas.  Ce n’est évidemment pas la faute de François-Xavier Bellamy qui a eu le mérite de replacer des idées et de la profondeur au cœur du débat. Cet échec n’est le reflet à mes yeux que de 20 ans de dévoiement  de ce que la droite devrait être. La création de l’UMP en 2002 a fait du rassemblement des différentes sensibilités de la droite l’alpha et l’omega au détriment du projet et de son adaptation aux nouveaux défis. Parti de masse, l’UMP a peu à peu glissé vers un parti de classe, rompant avec l’ambition gaulliste de parler au métro de 18h, aux jeunes, à la classe moyenne. Enfin, les Républicains se sont recroquevillés sur une base idéologique et des valeurs qui ne correspondent pas à la France du XXIe siècle. Réduire notre terreau électoral à un conservatisme jusqu’au-boutiste n’a jamais fait la France. Cela la rétrécit. Hier soir, les ouvriers et employés ont d’ailleurs voté massivement pour RN, les jeunes pour EELV et les personnes âgées… pour LREM !

Mais comment reprocher aux Français de ne plus croire en nous quand nous-mêmes ne nous reconnaissons plus dans notre vie partisane ?

Militant depuis plus de trente ans, je suis depuis 2015 à la tête d’un Département et constate au quotidien la nécessaire responsabilité des élus de repenser la vie démocratique. Le temps des partis tels que nous les connaissions est sans doute passé.

Il nous appartient d’ouvrir grand les portes et les fenêtres, de nous saisir et de porter enfin dans le débat public les grands enjeux de ce siècle: la place de la France et de l’Europe dans la nouvelle économie, l’éducation et la formation nécessaires pour permettre à chacun d’y trouver sa place, la transition énergétique qui doit être une chance. Ces défis collectifs posent la question des politiques de cohésion sociales et territoriales sans lesquelles nous ne ferons plus société.

Il nous appartient ainsi de construire une alternance républicaine et de ne pas résoudre à ce qu’elle puisse être incarnée par le Rassemblement national.

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