La patate chaude du Grand Paris Express

Dans une tribune[1] éclairée, Alexandre Misoffe, Directeur Général de « Paris Capitale Économique » se demande quand le Grand Paris Express sera opérationnel. Mais avant toute chose, il faut investir massivement sur le réseau existant pour qu’enfin il fonctionne correctement.

L’Île-de-France représente 1/3 du PIB de la France. Elle est dans le top 3 des régions les plus riches d’Europe. Les transhumances quotidiennes des franciliens qui subissent des trajets harassants en prenant les transports publics ne sont pas dignes de la mobilité que devrait leur offrir un territoire comme le nôtre.

L’action qu’a engagée la Présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse va dans le bon sens. La modernisation du réseau est en marche et l’arrivée de nouvelles rames plus fiables et plus confortables améliore les conditions de transport. Les premiers effets de ces mesures sont déjà observables et d’autres viendront sur la durée.

Le facteur déterminant ce n’est pas l’argent mais bien le temps. Alexandre Misoffe souligne qu’il aura fallu 20 mois à la fin du 19ème siècle pour construire la ligne 1. Or voilà que depuis 10 ans, malgré les progrès techniques, les travaux du GPE débutent à peine et qu’il faudra encore plus de 15 ans pour construire l’ensemble du réseau.

Pas la peine de forcer le trait pour montrer l’absurdité de la situation actuelle : que sont les pelles et les pioches des ouvriers qui construisirent la première ligne de métro française comparées aux tunneliers et autres instruments de notre époque ?

Les premiers seraient-ils plus efficaces que les derniers ? Je n’ose le croire. Alors que s’est-il passé ? Certes, en 100 ans, le réseau sous-terrain de la capitale et de ses alentours s’est densifié, rendant plus complexe le percement de nouveaux tunnels et l’agencement de nouvelles lignes.

La complexité ne peut pourtant être un obstacle qui justifie 20 ans de travaux dont on ne voit pas le bout. Nous avons la technologie. Nous investissons des milliards d’euros. Qu’attend l’État pour écraser l’accélérateur et enfin doter l’Île-de-France d’un réseau de transports ferroviaire digne d’une région où vivent 12 millions de personnes ?

Le drame du Grand Paris Express c’est qu’il est la patate chaude que se refilent les gouvernements successifs. La mobilité est pourtant la clé essentielle pour qu’un territoire se développe. Nous ne pouvons pas continuer à perdre un temps précieux pour notre pays.

En Essonne la situation n’est pas acceptable. Il faut d’urgence que l’État prenne son courage d’une main et le volant du tunnelier de la ligne 18 de l’autre. Si le problème est uniquement un manque d’envie, j’en ai à revendre à l’État. Il en va de la santé de dizaines de milliers de voyageurs qui chaque jour souffrent dans des transports bondés pour se rendre sur leur lieu de travail.

[1] Lien

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