Transports gratuits, impôts payants

Cette semaine sur France Culture Anne Hidalgo disait ne pas avoir tranché concernant la question de la gratuité des transports en commun. Selon elle la gratuité peut servir à lutter contre la pollution. La meilleure solution pour cela est d’investir afin de faciliter l’utilisation des transports publics pour les franciliens.

L’entrée en vigueur de la gratuité provoquerait un appel d’air pour la demande alors que la plupart des lignes franciliennes de bus, RER, métro et train sont déjà extrêmement fréquentées aux heures de pointe.

Ce que semble oublier Madame Hidalgo c’est que les recettes liées aux paiements qu’effectuent les usagers des transports en commun pour se déplacer représentent 3 milliards d’euros par an.  Cette somme sert notamment à l’amélioration de nos moyens de transports.

À cela s’ajoute le fait qu’Île-de-France Mobilités va aussi devoir financer les lignes du Grand Paris Express ; projet qui coutera un milliard d’euros supplémentaire par an.

La question que devrait se poser Madame Hidalgo est : qui paiera ces trois milliards si la gratuité est mise en place ? Les entreprises, via l’augmentation du Versement Transport ? Les collectivités, via une hausse de leur participation ? Les ménages, via une hausse d’impôts ?

Évoquer la gratuité des transports en Île-de-France amène également une interrogation sociétale. Serait-il acceptable qu’une personne touchant par exemple un salaire de cadre bénéficie de la même gratuité qu’une personne au chômage ou percevant le salaire minimum ?

Si j’ai en commun avec Anne Hidalgo la volonté de lutter contre la pollution, je ne crois pas que la gratuité des transports en commun soit la priorité. Car au fond le vrai sujet est plutôt d’avoir plus de trains et plus de bus. C’est ce dont les franciliens ont besoin pour mieux se déplacer.

Ce qui importe c’est que l’offre s’adapte à la demande et non l’inverse.

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