« Rapport Castro » : pour une révolution urbaine en papier

Ce matin, j’ai pris connaissance du rapport commandé par le président de la République à l’architecte Roland Castro. Il est censé donner une nouvelle vision de l’organisation urbaine de la métropole du Grand Paris.

J’ai eu la surprise de découvrir que Monsieur Castro a bien pris soin de faire écrire noir sur blanc qu’il me remercie pour ma collaboration. Comment affirmer pareille chose alors que je me suis indigné du fait qu’il n’ait même pas pris la peine de me rencontrer, comme d’ailleurs la plupart des Présidents de Conseils départementaux ? Ce mépris à l’égard des élus des territoires explique l’ineptie de ses préconisations.

Dans ce rapport, le mot « Essonne » n’apparaît que 5 fois ; le mépris n’est donc pas affiché seulement à l’égard des élus mais des habitants qui vivent au cœur de ces territoires.

« Saclay » a l’honneur d’être cité à 18 reprises. Monsieur Castro ne pense pas forcément du bien du cluster qui y prend forme. Pour lui, ce centre d’innovation à échelle européenne, où 15% de l’effort de recherche français est concentré, est un de ces lieux « tellement mauvais qu’on a l’impression que la seule solution une fois arrivé, c’est d’en sortir. »

Pour Castro, le cluster de Saclay est construit selon une vision « déshumanisante et asséchante qui donne un monstre urbain. » Je ne partage pas son pessimisme.

S’il était venu me voir, si nous avions échangé, s’il avait rencontré le monde économique et celui de l’enseignement supérieur qui s’y épanouissent, Monsieur Castro aurait certainement perçu la globalité et la cohérence de cette urbanité en devenir. Pour reprendre sa mauvaise formule, il se serait rendu compte que le problème n’est pas d’en sortir mais d’y arriver, en raison de la carence de l’Etat pour la réalisation de la ligne 18 du Grand Paris Express.

Les classes moyennes n’arrivent plus à se loger à Paris et sont contraintes à des transhumances quotidiennes pour aller travailler. Que prévoit le rapport Castro pour parer à ça ? « Une avenue Molière, l’ex-autoroute A86 de 80 km devenue une avenue fluide et partagée entre trottoirs pour piétons, pistes réservées aux vélos, gyropodes ou véhicules à roulettes. »

Voilà des idées sympathiques pour ceux qui n’ont pas de problèmes. Mais avant de promouvoir une politique de rollers pour tous, il faut un RER qui fonctionne.

L’utopie de Castro se résume à construire de grandes allées pour faire du patin à roulettes, de belles pièces de jardin et des pistes cyclables. Pourvu qu’elles soient belles et que des feux d’artifices soient tirés autour pour accueillir les passants.

L’enjeu de la « banlieue » c’est de pouvoir bien y vivre en y travaillant et en s’y divertissant. Je ne vois rien dans ce rapport qui réponde à cette exigence.

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