Le jour où Macron découvrit la pauvreté

Malheureusement, les inégalités s’accroissent dans notre pays et la lutte contre la pauvreté est un enjeu pour faire société. Voilà pourquoi, depuis des mois, nous étions nombreux dans les Départements – en première ligne sur le sujet – à attendre impatiemment les annonces du Président de la République sur le plan pauvreté.

J’ai assisté hier matin à son discours au Musée de l’Homme et je partage avec lui la volonté de faire travailler ensemble tous les acteurs de la solidarité nationale pour offrir aux bénéficiaires une meilleure visibilité. Cette transversalité est indispensable. Je crois également que l’enfance doit être placée comme la priorité ultime quand on parle de pauvreté.

Pour le reste, le contenu de ses annonces laisse à penser que le Président de la République découvre ce que les collectivités territoriales font depuis des années !

Construire de nouvelles crèches, financer des tarifs sociaux dans les cantines, prolonger le suivi des enfants de l’Aide à l’Enfance (ASE), transformer les PMI pour aider les familles monoparentales, toutes ces actions ne sont pas des nouveautés pour les Départements et les communes. Mais qui va payer la facture ?

Prenons un exemple tout simple : la prise en charge des enfants de l’ASE (anciennement DASS).  Emmanuel Macron annonce une enveloppe de 50 millions d’euros pour la prise en charge des enfants jusqu’à 21 ans (alors qu’il n’était pour l’instant pris en charge que jusqu’à 18 ans). En Essonne, nous sommes favorables à cette mesure qui évitera à des jeunes de 18 ans de se retrouver à la rue sans logement et sans emploi. Mais les 50 millions d’euros sont insuffisants ; ce montant couvre à peine les besoins de l’Essonne et de la Seine Saint Denis.

Idem pour la tarification scolaire ! Le Président souhaite des repas dans les cantines à 1 euro. Aujourd’hui, les tarifs dans mon département sont de 0,72€ pour la 1ère tranche et 1,02€ pour la deuxième tranche. Nous ne l’avons pas attendu pour venir en aide aux familles dans le besoin.

Voilà la réalité des annonces d’Emmanuel Macron ! Les chiffres du Président de la République ne sont malheureusement pas cohérents avec les attentes des territoires.

Quant à la création d’un service public d’insertion, je propose à Emmanuel Macron de venir en Essonne découvrir tout ce que fait notre Département en la matière : une convention avec le Pôle Emploi, la création d’emplois d’insertion, un contrat d’engagement réciproque signé dès le premier mois avec les bénéficiaires du RSA, le « Pack sortie RSA », etc.

Bref, aujourd’hui, Emmanuel Macron découvre la pauvreté et on reste avec le goût amer d’une occasion manquée !

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