À Simone Veil, la Patrie reconnaissante

Un an après sa mort, Simone Veil entre au Panthéon. Dans le flot de l’actualité, la portée de cet événement va bien au-delà du sens que l’on a fini par prêter à ce mot.

La France rend rarement un tel honneur. Cela souligne l’importance de ce qui va se passer dimanche. 76 Grands Hommes appelés ainsi en référence au genre humain sont inhumés au Panthéon. Parmi eux : Sophie Berthelot, Marie Curie, Germaine Tillion et Geneviève Anthonioz-de Gaulle. Ces 4 quatre femmes sont rejointes par celle qui connut l’enfer successif d’Auschwitz et de Bergen-Belsen, parvenant à survivre toute sa vie durant grâce à une force intérieure qui aura toujours suscité mon admiration, fondant une famille et se remettant à vivre.

Simone Veil aura été la première femme secrétaire du Conseil supérieur de la Magistrature, la première femme à siéger au conseil d’administration de l’ORTF, la première femme ministre d’État et la première femme présidente du premier Parlement européen élu au suffrage universel. Le 17 juillet 1979, alors qu’elle vient d’être désignée à ce poste, la rescapée de la Shoah s’avance vers la tribune et y prononce un discours mémorable pour la paix et la réconciliation Franco-Allemande ; une cause qui lui était chère et dont elle pouvait parler en connaissance de cause.

S’il est une chose que les Français doivent toujours avoir en tête, dès lors qu’il s’agira de celle qui fut l’initiatrice de la loi dépénalisant l’IVG en France, c’est le rude combat qu’elle aura mené pour que cette liberté nouvelle soit accordée aux femmes françaises ; cette liberté si chère à notre République. En « panthéonisant » Simone Veil, la France reconnaît la valeur d’une femme qui aura incarné si dignement les valeurs de notre Nation. Quel plus beau remerciement pour celle qui par ce geste fait désormais partie intégrante de la France et de son histoire ?

Quand les portes du Panthéon se refermeront dimanche soir, l’histoire de Simone Veil sera à jamais liée à celle de la France. Elle sera accompagnée de son mari et entourée de ceux qui, comme elle, ont contribué à faire de la France un pays dont nous pouvons être fiers. Mais plus encore que cela, elle sera le point de convergence de millions de pensées. Ces pensées, ce seront les nôtres ; celles de millions de Françaises et de Français qui sauront ce que nous lui devons, ce que notre pays lui doit.

Parce que Simone Veil représente le plus beau qu’on puisse retenir au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale et de ses affres ; qu’elle est le symbole même qu’après le chaos, la lumière peut briller à nouveau, je ne trouve qu’un mot à dire : Merci Madame !

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