Si l’État payait à l’Essonne ce qu’il lui doit, nous pourrions supprimer les impôts.

Depuis des années, l’État n’assume plus ses responsabilités. Il promet des baisses d’impôts alors qu’il n’est pas capable de payer ses dépenses. Il a fait sur le dos des collectivités le plus grand hold-up qu’ait connu la République.

Revue de détails pour les seuls départements

Acte I : l’État ne paie plus ce qu’il doit au titre des compétences sociales que nous exerçons pour son compte (Revenu de Solidarité Active, Allocation Personnalisée d’Autonomie, Prestation de Compensation du Handicap).Chaque année, l’État verse 9,3 milliards d’euros de moins que ce qu’il doit. Pour le seul Département de l’Essonne, cela représente un montant annuel de 143,5 millions. Et le « déficit » s’aggrave. Depuis 2015, la facture s’est alourdie de 19 millions d’euros. À cela s’ajoute depuis peu la prise en charge des Mineurs Non Accompagnés, dont la responsabilité devrait relever concrètement de la politique migratoire de l’État mais dont la prise en charge financière est aujourd’hui imputée aux départements.

Pour l’Essonne, la facture en 2018 est de 32 millions, soit 25 millions d’euros de plus qu’en 2015. Cela veut dire qu’en 2018, le Département, donc le contribuable essonnien, paiera à la place de l’Etat.

Acte II : la baisse des dotations versées par l’Etat aux collectivités au titre des compétences historiques données par la décentralisation (collèges, routes).

Ainsi, l’Essonne a perçu 168 millions d’euros en 2013 et seulement 88 millions en 2018 ; soit un manque à gagner annuel de 80 millions.

Pour faire face à ce désengagement, nous avons conduit un plan d’économies sans précédent, demandé des efforts aux Essonniens et enfin, c’est une chance, bénéficié de recettes supplémentaires liées au dynamisme immobilier du territoire.

Mais voilà que le Gouvernement s’apprête à en rajouter une couche, au lieu de reconnaître le mauvais comportement de ses prédécesseurs et de proposer des solutions nous permettant d’assurer le service public et de baisser les impôts.

L’État fait passer les élus locaux pour de mauvais gestionnaires en leur imposant une limitation de hausse des dépenses de fonctionnement de 1,2% ; manœuvre habile, car pour beaucoup de nos concitoyens une hausse de 1,2 % est déjà importante. Mais cette démarche est honteuse car l’État nous impose par ailleurs des hausses de dépenses de plus de 2% par an.

Nous n’avons pas attendu le Gouvernement pour faire des économies. L’Essonne a ainsi moins dépensé en 2017 qu’en 2015. Cela signifie que nous avons absorbé par des économies (plus de 60 millions) des dépenses supplémentaires qu’il nous a imposées.

Acte III : odieusement, l’Etat prévoit désormais de nous ponctionner.

Il compte faire cela en demandant aux départements qu’il considère riches, comme l’Essonne, de financer à sa place les départements au bord du gouffre, compte tenu de son désengagement. Cette plaisanterie coûterait à l’Essonne 10 millions d’euros supplémentaires.

Pour les Essonniens, je ne peux pas me résoudre à accepter cette situation. L’État doit prendre ses responsabilités au plus vite.

La lettre d’info

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