Le gouvernement méprise les territoires jusqu’au bout des routes

Dernière trouvaille du Gouvernement dans son simulacre de « concertation » avec les élus locaux : la baisse de la limite de vitesse des routes secondaires, de 90 km/heure à 80 km/heure, dès le 1er juillet 2018.

Le 7 mars, le Premier ministre, Edouard Philippe a décidé unilatéralement et sans étude d’impact sérieuse d’appliquer cette baisse de vitesse sur l’ensemble du réseau routier départemental.

La question de la sécurité des automobilistes est primordiale sur nos routes mais omettre l’avis des acteurs qui s’occupent quotidiennement de l’entretien et de la sécurité des routes est un manque de discernement total. Je ne peux que constater que le Gouvernement a un réel problème avec les territoires. Tout ne peut pas se décider de Paris.

Les Départements sont responsables de l’entretien et de la sécurisation de ces milliers de kilomètres de routes. A titre d’exemple, l’Essonne consacre chaque année 4 millions d’euros afin que les 1 400 kilomètres de routes de son territoire puissent être utilisés qu’il neige, qu’il pleuve ou qu’il vente. Autant dire que nous connaissons parfaitement l’état de nos routes.

Limiter à 80 km/heure l’ensemble des routes départementales impactera grandement la vie des Français. Ces routes sont celles du quotidien, elles font le lien entre les villes, entre la vie professionnelle et personnelle. Le bon sens aurait voulu une mesure prise à partir des situations de terrain, de l’analyse faite par chacun de nos services sur l’accidentologie, en lien avec les Préfectures. Certains tronçons nécessitent d’adapter la vitesse en fonction de leurs caractéristiques. Cependant, d’autres mesures comme l’amélioration des infrastructures (glissières de sécurité, grenaillage du bitume pour une meilleure adhérence) ou encore le renforcement des contrôles seraient plus appropriées et plus efficaces. Nous seuls avons les connaissances et la compétence nécessaires pour améliorer l’objectif de la sécurité de ces routes.

Cette décision arbitraire donne l’impression que le Gouvernement fait de la réforme pour faire de la réforme. Je préfère avertir le Gouvernement, cette mesure risque d’être aussi glissante que leur gestion désastreuse de la N118 lors des derniers épisodes neigeux, parole de terrain.

La lettre d’info

Restez régulièrement informé(e) de l’action de François Durovray au service des Essonniens.